jeudi 25 septembre 2008

1994... ou l'été de l'horreur (selon moi)


Quand je relis tout ce que j'ai écrit dans ce "journal", je me dis que le titre du blog aurait tout simplement pu être "Marie... ou les infortunes de la vie".


Une "amie" m'a un jour dit que je n'avais pas de quoi écrire un bouquin sur ma vie, mais finalement elle avait peut être tort, car entre les quiproquos, les malentendus et autres situations cocasses, il y a bien de quoi écrire quelques pages...


1994... ou l'été de l'horreur.

J'ai 13 ans et je suis en colonie en Corrèze. C'est l'année où les Spice Girls explosent et je les trouve franchement ridicules avec leurs piercings partout, surtout sur la langue (bien évidemment, exactement 5 ans plus tard, je succomberai également à ce phénomène de boucherie).


Bref elles sont sur toutes les ondes radio et moi je suis dans mon camping de Corrèze. En plus, j'ai horreur du camping.


Étant plus ou moins bordélique, il m'a toujours été très difficile de gérer mon bordel organisé à même le sol, surtout avec 7 autres filles qui ont les mêmes soucis... mais bon, la vie en communauté c'est aussi ça.


Bref les jours passent, les affaires s'empilent un peu partout jusqu'à ce que nous soyons obligées de ranger : il parait qu'il y a des rats dans certains "marabouts" (ces grandes tentes où on peut se retrouver à 8 ou 12). Je sais bien que ce n’est pas la petite qui va manger la grosse, mais quand même...


Puis au fil des jours, n'ayant vu aucun rat, la panique s'estompe. Un après midi je pars me doucher, après une bonne balade à cheval. Tout se passe bien (heureusement, ce n'était qu'une douche après tout et il aurait été bien étonnant que le clown Gripsous de S. King sorte du siphon de la douche pour me faire quelques misères) je m'enroule dans ma serviette quand je vois un truc noir filer vers la cabine de douche d'à côté.

Je hurle : Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah il y a un rat, il y a un rat au secours aidez moi!!!!


Évidemment tout le monde s'amène et recherche du rat. Je me penche et leur montre, il est prostré contre le bac à douche. Quand tout le monde éclate de rire et me dit : "Mais non, c'est pas un rat c'est... ta chaussette"!!!


Fou rire général... moi j'ai honte... sans mes lunettes, j'ai confondu un rat avec une chaussette roulée en boule... no comment, j'ai tout intérêt à essayer de me faire discrète (ce qui est absolument impossible) pour le reste du séjour.

Quelques jours plus tard, nous partons sur le lieu où nous prenions nos repas, à quelques kilomètres du camping. Avant de dîner il faut passer nourrir les chevaux, tâche dont je prends grand plaisir à m'acquitter. Pirouette le poney est là (son nom a été changé pour éviter que mon fan club en furie aille lui casser la gueule), il me regarde d'un air de dire "Moi aussi j'ai la dalle" bon, je vais être sympa, je vais le nourrir aussi, même si ce gros papouffe n'en glande pas une de la journée.


Je lui donne donc une petite tape et me penche pour lui faire un câlin... Aie! Le salaud m'a chipé l'oreille. Je porte la main là où j'ai mal (mais c'est pas non plus la fin du monde non plus, mais ça m'a pincé) et quand j'enlève la main de mon oreille, elle est littéralement couverte de sang (en fait, si, c'est la fin du monde).


A la seconde même où je vois le sang, je commence à pleurer, je peux alors sentir la douleur...


Évidemment, une fois de plus, tout le monde se pointe ("Qu'est ce qu'elle a encore cette Marie?"). Le directeur, confiant, décide malgré tout de m'envoyer aux urgences. Et c'est qu'il a bien fait le petit, parce qu'avec les conneries de Pirouette j'ai en fait une réelle blessure qui nécessite 4 points de suture (j'adore montrer ma blessure de guerre quand je raconte cette histoire).


Je reviens au camping en pleine nuit, légèrement shootée à cause des médocs. J'ai un énorme bandage tout autour de la tête (genre... la momie de la Corrèze), j'ai sommeil, il est tard, je suis naze. Je maudis Pirouette une dernière fois, pose ma plaquette de médicaments sur ma tablette et m'endors.

Le lendemain, j'ouvre un œil et vois une douzaine de têtes (un peu floues) qui me regardent avec une curiosité non dissimulée. Ma plaquette de médicaments a disparu (un coup des rats peut être?)... bref, c'est un peu la cata pour moi, le séjour est exclusivement centré sur l'équitation et la voile (ou une connerie du même genre), et avec ma face de momie mieux vaut ne pas espérer pouvoir enfiler une bombe, et encore moins me baigner.


Au bout de quelques jours où je n'en pouvais plus, je décide d'aller au lac pour faire un peu de bateau. On est plusieurs et je suis rassurée car le pourcentage de chances pour que je tombe à l'eau est particulièrement faible, proche de zéro même je dirais. Bien évidemment (c'était écrit) le bateau se retourne en plein milieu du lac.


Je frise la crise de nerfs. Nous sommes repêchés et je découvre sur ma jambe, trois grandes griffures qui partent du haut de ma cuisse jusqu'à ma cheville... OK j'ai compris, cet été j'aurais dû rester chez moi. Bien évidement je n'ai absolument aucune idée de ce qui a pu provoquer ça, mais la voile c'est réglé pour moi. DÉFINITIVEMENT.


Comme si ça ne suffisait pas, le soir même en faisant la vaisselle, je me tranche 4 doigts en lavant un verre ébréché.


Les animateurs me supplient de ne plus toucher à rien. La fin du séjour est dans 4 jours, je les supplie de me renvoyer chez moi. Mais non, ils veulent que je reste, demain on doit m'enlever mon bandage, et dans 2 jours j'ai la pratique et la théorie à passer pour mon 2eme Galop (quelle classe).


Comme promis, le lendemain on m'enlève cet affreux bandage, et j'ai le droit à un gros pansement à la place qui se contente de protéger mon oreille. Je peux même monter à cheval à condition d'être prudente. Ce jour là, j'arrive pile à l'heure pour le cours d'équitation et je ne me prive pas. C'est une "grande" qui a mon cheval (elle passe son galop 4), elle me l'a même préparé et je n'ai plus qu'à monter dessus. Tout est ok, je revis presque même, et en plus on va faire du saut d'obstacle, ce que je préfère...


Dans le manège, je m'élance, tout se passe bien, jusqu'à ce qu'arrive l'obstacle... et c'est à nouveau le drame. La "grande" n'a pas verrouillé les étriers et lors du saut je suis littéralement expulsée de mon cheval, propulsée contre le mur du manège. Heureusement que j'avais la bombe, sinon je n'aurais peut être même plus toute ma tête pour vous raconter cette histoire.

Clairement, je n'aurais jamais dû partir en Corrèze, moi qui vais toujours à Oléron, au moins j'avais mes copines là bas (elles étaient déjà au courant qu'une fille s'était fait bouffer l'oreille par un cheval - et elles ont bien ri quand elles ont su que c'était moi!) et il y a nettement moins de danger.


Je passe mon Galop, je rentre chez moi. Adieu la Corrèze, adieu le Moulin de Prat, tu ne me reverras pas de sitôt, tu peux en être sûr....


3 commentaires:

  1. L américaine
    Arrête de me faire rire.....j en peux plus !!!! Des barres
    Je ne connaissais pas cette histoire

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  2. Tu connais pas tout poulette (j'ai pas encore abattu toutes mes cartes)...

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